Je m’appelle Théo, j’ai 22 ans et je suis étudiant à Paris. Je suis cœliaque depuis que je suis né, mais ça fait techniquement que depuis mes 16 ans que je suis véritablement un régime sans gluten. Ce petit différentiel temporel est dû à l’étrange fait que mon intolérance est directement reliée à mon déficit d’hormones de croissance.

J’ai donc su très tôt que j’étais cœliaque, vers 6/7 ans environ. Les médecins pensaient que le gluten réduisait la production en hormones de croissance dans mon corps. Alors entre manger des kebabs et faire plus d’1m50, j’ai vite fait mon choix.

Après plusieurs mois de régime, ma production hormonale n’avait pas changé. Mes parents ont donc cherché d’autres manières pour me soigner et finalement, aux alentours de mes 8 ans, j’ai commencé à prendre quotidiennement des piqûres d’hormones. Le traitement a duré 8 années durant lesquelles j’ai pu commencer des aliments contenant du gluten sans aucun problème. Napolitains, kebabs, Kellogg’s, pain, tous ces aliments sont passés entre mes babines sans que je ne ressente la moindre douleur. Pourtant à 16 ans, alors que je pensais être libéré de ce traitement assez lourd, mon corps est lui redevenu intolérant au gluten.

Il s’est écoulé environ 6 mois entre l’arrêt de mon traitement et le nouveau « diagnostic » de mon intolérance. 6 mois pendant lesquels constamment j’avais mal au ventre et j’étais fatigué sans trop savoir pourquoi.

Le début du régime - La maladie au quotidien

Maintenant que j’ai l’habitude du régime, je n’ai plus du tout de problème de frustration. Il y a des contraintes bien sûr, mais assez peu de difficultés au jour le jour, surtout depuis que je suis à Paris. Avant en province ça pouvait être compliqué de trouver certains produits sans gluten, mais à Paris tout est trouvable. La seule vraie contrainte, c’est que t’es obligé de tout vérifier, de lire les compositions de chaque ingrédient, de faire chier les serveurs dans chaque restaurant pour savoir si le plat est bien sans gluten, et s’il est pas mélangé avec d’autres plats qui ont du gluten en cuisine, etc. Ça peut être un plus gros problème quand tu voyages dans un pays dans lequel tu ne maitrises pas la langue. À ce moment c’est plus compliqué de vérifier le contenu précis de ce que tu manges, et du coup t’es dans l’incertitude permanente.

Un autre désagrément mineur, c’est les gens qui sont assez ignorants de la maladie, et qui pensent que tu te donnes tout ce mal parce que t’as lu dans un article Paris Match qu’il faut arrêter le gluten. Beaucoup ne se rendent pas compte que c’est une véritable maladie, et que les conséquences peuvent être grave en cas de consommation imprévue. Mais à part ça, ce n’est pas spécialement dur à vivre comparé à d’autres maladies chroniques. Je pense que c’est plus contraignant pour les gens autour de moi qui doivent composer avec un mec qui a un régime particulier.

Au final, je me suis rendu compte que beaucoup de personnes étaient très compréhensives à propos de mon intolérance. Dès que tu expliques un peu la maladie et les conséquences que ça implique, les gens deviennent très bienveillants à ton égard. Donc faut surtout pas hésiter à en parler, quitte à faire un peu de pédagogie au début, ça ne peut que rendre la situation plus facile à vivre.